La tradition populaire orale est une des richesses essentielles du patrimoine de l'humanité. Longtemps méprisés ou méconnus, les contes et récits légendaires colportés par voie orale au cours des siècles nous ont conservé la mémoire de nos ancêtes.
Jean Markale
L'acérofaire
Dictionnaire du Moyen-âge
s.m. (acérofère). Du Cange dit que l'acerra est le vase sacré dans lequel les églises conservent l'encens, il l'entend comme navette. M. De Laborde, dans son Glossaire, considère l'acérofaire comme l'encensoir ou le trépied sur lequel on le pose. Cette dernière définition conviendrait mieux à l'étymologie du mot.
Les fées
Esprits des forêts et de la nuit

Avatars plus ou moins complexes des Parques, des déesses-mères et d'une série de divinités topiques liées au culte des bois et des fontaines, les fées présidaient aux destinées des hommes.
Très présentes dans le pays de la Semois où elles remplacent les nutons, les fées habitaient les failles des rochers et les ruines énigmatiques. Ces femmes surnaturelles, à la beauté proverbiale, jouissaient d'une certaine puissance magique, dispensaient la bonne ou la mauvaise fortune et avaient un goût prononcé pour la danse et les rondes. Trait commun à toutes ces dames : elles possédaient une vache qui, chaque matin, se joignait au troupeau local. Quand c'était leur tour de nourrir le pâtre, elles attachaient son dîner à une corne de la bête.
Aujourd'hui, les fées ne se manifestent plus. On prétend qu'elles se sont endormies au tréfonds des montagnes et qu'elles s'éveilleront de ce long sommeil lorsque les prêtres ne réciteront plus à la messe l'Evangile de saint Jean.